Test Blu-ray : Monsieur Aznavour

0
109

Monsieur Aznavour

France : 2024
Titre original : –
Réalisation : Mehdi Idir, Grand Corps Malade
Scénario : Mehdi Idir, Grand Corps Malade
Acteurs : Tahar Rahim, Bastien Bouillon, Marie-Julie Baup
Éditeur : Pathé
Durée : 2h13
Genre : Biopic, Musique
Date de sortie cinéma : 23 octobre 2024
Date de sortie DVD/BR : 26 février 2025

Fils de réfugiés, petit, pauvre, à la voix voilée, on disait de lui qu’il n’avait rien pour réussir. À force de travail, de persévérance et d’une volonté hors norme, Charles Aznavour est devenu un monument de la chanson, et un symbole de la culture française. Avec près de 1200 titres interprétés dans le monde entier et dans toutes les langues, il a inspiré des générations entières…

Le film

[3,5/5]

Si le phénomène ne date pas d’hier, le succès rencontré par Bohemian Rhapsody (2018, 962 millions de dollars de recettes) puis par Rocketman (2019, 206 millions) a contribué à populariser les biopics centrés sur des personnalités incontournables de la musique contemporaine, qu’elles soient mortes ou pas. Ainsi, ces dernières années, les biopics musicaux se sont multipliés : Respect (2021), Elvis (2022), Whitney Houston – I Wanna Dance With Somebody (2022), Bob Marley : One love (2023), Back To Black (2024)…

En France, on avait déjà tenté l’expérience du biopic musical en 2007 avec La Môme, et le succès aidant, on avait enchaîné avec Gainsbourg (Vie héroïque) en 2010, puis avec Cloclo (2012), Dalida (2016), Suprêmes (2021). En attendant les films consacrés à France Gall, Jacques Dutronc & Françoise Hardy, Johnny Hallyday ou les Rita Mitsouko, l’année dernière, Mehdi Idir et Grand Corps Malade se sont attelés à la mise en chantier de Monsieur Aznavour. Avec plus de deux millions d’entrées dans les salles, on peut affirmer que le public a réservé un bel accueil à cette évocation de la vie du « Sinatra français ».

Dans le rôle-titre, Tahar Rahim s’avère relativement convaincant : il a capté la gestuelle et le phrasé particulier du chanteur, et nous livre une prestation vocale étonnante, même s’il tend à en faire des caisses avec sa lèvre inférieure, donnant presque l’impression qu’Aznavour faisait toujours la lippe. Physiquement, en dépit des prothèses, la ressemblance n’est pas frappante, et la plupart du temps, on voit à l’écran Tahar Rahim déguisé, portant un costume trop grand pour lui. Pourtant, au détour d’une poignée de plans de Monsieur Aznavour, l’illusion se crée, et la magie opère.

Dans ces quelques moments-là, le film de Mehdi Idir et Grand Corps Malade transcende de façon presque naturelle son sujet, et ce qu’il raconte. Le reste du temps, les deux cinéastes déploient des trésors de créativité afin d’insuffler du rythme à leur film, en changeant brutalement de tonalité par exemple, ou en créant un décalage volontaire – en collant la chanson de Dr Dre « What’s the difference » juste après les répétitions de « Parce que tu crois ». C’est malin, et cela confère à Monsieur Aznavour un rythme solide.

Mais les efforts déployés par les deux cinéastes derrière la caméra sont finalement assez cohérents avec ce que le film raconte. Si Mehdi Idir et Grand Corps Malade auraient pu se contenter de se laisser simplement porter par les étapes de la vie du chanteur, ils ont fait le choix de dynamiser Monsieur Aznavour par des choix esthétiques forts – autrement dit de se mettre au travail. Une décision en adéquation avec l’histoire du chanteur, qui nous est présenté comme un travailleur acharné, porté par une telle éthique du travail que se plonger dans l’écriture et enchaîner les tournées semble être pour lui la voie de la résilience – quitte à passer pour inhumain auprès de ses proches.

De son enfance pauvre à ses années de gloire internationale en tant qu’incarnation de la chanson française, Monsieur Aznavour revient sur toutes les périodes de la vie de l’artiste, en s’attardant plus ou moins sur ses histoires de cœur, ses enfants négligés et son singulier rapport à l’argent. Et même si l’histoire est clairement romancée, cela permet de cerner les contours de l’homme derrière l’artiste – une notion importante dans le sens où le film prend bien soin de montrer que ce n’est que lorsque le chanteur a commencé à utiliser le « je » dans ses chansons et à réfléchir sans crainte sur ses propres défauts qu’il s’est connecté au public du monde entier.

Le Blu-ray

[4/5]

Après une carrière dans les salles obscures ayant attiré plus de deux millions de français, Monsieur Aznavour débarque au format Blu-ray. Côté galette Haute-Définition, on va la faire courte, le Blu-ray édité par Pathé est visuellement absolument splendide. La définition est redoutable, les contrastes impeccables, c’est un sans-faute absolu, affichant un rendu irréprochable : une galette de démonstration de plus à ajouter au giron de l’éditeur. Niveau son, le film nous est proposé en Dolby Atmos (avec un core Dolby TrueHD 7.1). Côté spatialisation, l’immersion totale est garantie, la spatialisation d’ambiance et les effets arrière et latéraux sur les scènes musicales sont très impressionnants : une finesse et une précision acoustiques de tous les instants. Magique !

Rayon suppléments, l’éditeur nous propose de découvrir un masterclass avec l’équipe du film (50 minutes). Échangeant avec le public à l’issue d’une projection de Monsieur Aznavour en avant-première, Mehdi Idir, Grand Corps Malade, Tahar Rahim et une poignée d’autres membres de l’équipe aborderont la genèse du projet, l’importance du producteur Jean Rachid, qui se trouvait être le gendre de Charles Aznavour, la préparation du film de son vivant, leur accès à des archives totalement inédites… De son côté, Tahar Rahim reviendra sur sa préparation physique et psychologique, Grand Corps Malade que l’épouse de l’acteur commençait à être impatiente que le film se termine car son mari ne sortait jamais de son rôle, et a parlé « comme Charles Aznavour » pendant plusieurs mois. Très intéressant !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici