Test Blu-ray 4K Ultra HD : Joker – Folie à deux

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Joker : Folie à deux

États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Todd Phillips
Scénario : Todd Phillips, Scott Silver
Acteurs : Joaquin Phoenix, Lady Gaga, Brendan Gleeson
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 2h18
Genre : Comédie musicale, Thriller
Date de sortie cinéma : 2 octobre 2024
Date de sortie DVD/BR/4K : 12 février 2025

Alors qu’il est interné à l’Asile d’Arkham, Arthur Fleck rencontre l’amour de sa vie, Lee Quinzel. À leur sortie, le couple se lance dans une mésaventure amoureuse vouée à l’échec…

Le film

[5/5]

La plus grande qualité de Joker : Folie à deux est probablement de ne jamais être là où on l’attendait ; on suppose qu’il s’agit peut-être également de son plus gros défaut. En livrant au public un film à la croisée des chemins entre la comédie musicale dépressive et le film de procès, Todd Philips a pris tous les risques, et s’en est vu immédiatement sanctionné par les spectateurs du monde entier : le film s’est complètement crashé au box-office, ne récoltant que 200 millions de dollars de recettes là où son modèle avait allégrement dépassé le milliard. Quoi qu’il en soit, notre rédacteur Guillaume Imbert, dont le style défie décidément toutes les règles de la critique traditionnelle par son utilisation systématique de la première personne, a adoré Joker : Folie à deux. A l’occasion de la sortie du film dans les salles, il était revenu en mode blog/introspection sur les qualités de l’œuvre de Todd Philips, et ce qu’elle a remué en lui. Vous trouverez ci-dessous quelques morceaux choisis de sa critique !

« Ce n’est peut-être pas si étonnant qu’une proposition aussi radicale que ce Joker : Folie à deux ne parvienne à convaincre ni la presse, ni le public. J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, mais l’histoire autour des films (leur budget, les conditions plus ou moins communiquées de leur fabrication, le merchandising qui les accompagne, leur filiation avec une mythologie, un genre, etc…) prend beaucoup de place, parfois toute la place, étouffant, du moins en partie, l’histoire des films eux-mêmes. Je crois y sentir parfois comme un embrumement de l’esprit, comme s’il devenait de plus en plus facile de s’accrocher au discours qui séduit le plus, sans prendre le temps de fabriquer le sien. C’est la raison pour laquelle j’écrirai juste mon ressenti, sans aucune objectivité, avec l’espoir qu’il active le vôtre et l’envie de vous faire votre propre avis.

Ce qui m’a frappé à la vision de Joker : Folie à deux, c’est à quel point sa forme, de première approche bancale, semble exprimer très vite une grande détresse. Les couloirs sinistres de l’hôpital psychiatrique où nous retrouvons Arthur Fleck semblent étouffer la couleur. Cet esprit de tristesse contamine même les gardes qui en viennent à supplier Arthur de leur raconter une blague pour éclairer un peu le quotidien. C’est vrai qu’il n’y a ici aucune fantaisie, mais justement aucun imaginaire non plus. On n’est pas dans un conte de fée, pas plus que dans une chanson ou dans un film de super-héros. C’est l’horrible quotidien de cette maison de fous, rappelant plutôt le Titicut follies de Wiseman. (…)

Arthur n’a en fait rien d’un héros ou d’un super méchant et c’est dans une tentative de confession qu’il finira par l’avouer. Là encore, le juge de le couper dans son élan glorieux : “Mr Fleck, je vous préviens, on n’est pas au spectacle”. C’est un nouvel échec pour Arthur, illustré par ces morceaux chantés qui sonnent toujours faux, ratés et ternes. J’ai la sensation que ces changements de ton veulent proposer une forme en écho avec la psychologie de ce personnage malade, cabossé, hystérique un instant, avant de retomber dans la tristesse la plus noire. En ce sens, Joker : Folie à deux était peut-être voué à rater son effet, certes ; mais j’ai trouvé de l’efficacité dans cette esthétique de l’échec, du raté. (…)

Je comprends que Joker : Folie à deux puisse ne pas fonctionner sur son audience. Mais je remarque à quel point beaucoup des critiques qui lui sont adressées semblent déconnectées du film en lui- même. Au contraire, elles semblent plutôt adresser un sentiment de trahison par rapport à ce que le film aurait “dû être”. C’est à méditer. C’est peut-être vraiment un nouveau paradoxe sociétal qui se dessine, où l’opinion se frustre d’une éternelle reprise des mêmes représentations, tout en leurs reprochant leur manque de fidélité. Trahir oui, demandera-t-on, mais trahir mieux. » On vous invite bien entendu à lire la critique de Guillaume Imbert dans son intégralité en cliquant sur ce lien.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Si Joker : Folie à deux s’est planté au box-office partout dans le monde, en France, il était tout de même parvenu à réunir un peu plus d’un million de spectateurs dans les salles. Ce mois-ci, le film de Todd Philips débarque au format Blu-ray 4K Ultra HD, sous les couleurs de Warner Bros. L’image, tirée d’un master intermédiaire 4K, est assez superbe et est qui plus est proposée en Dolby Vision + HDR10. Le transfert 2160p est donc très impressionnant, avec un niveau de détail littéralement bluffant, et surtout des noirs d’une profondeur exceptionnelle et des couleurs d’une intensité absolument remarquable. La technologie HDR / Dolby Vision nous garantit par ailleurs une saturation exceptionnelle : profondeur des couleurs, finesse des détails, belle densité de l’ensemble… On tient là un disque Katka à tomber par terre, ce qui est d’autant plus remarquable que la photo de Lawrence Sher nous offre des tas de plans qui claquent et dont on se ferait des putains de posters. On notera également que le film alterne entre le format 2.20:1 et le format 1.90:1, en raison de son exploitation en IMAX. Du côté des enceintes, Warner nous propose, à la fois en VF et en VO, d’impressionnantes pistes Dolby Atmos (qui seront décodées en Dolby TrueHD 7.1 sur les amplis non compatibles), avec des dialogues clairs et bien équilibrés et une spatialisation généreuse, qui crèvera littéralement le plafond sur les séquences d’action du film, d’un dynamisme puissant et immersif. De la Bombe de Balle !

Du côté des suppléments, on se régalera tout d’abord d’un long making of (44 minutes) divisé en quatre parties. Passionnant et étonnamment approfondi, ce documentaire donne la parole à différents membres du casting et de l’équipe, qui discutent des personnages, des thèmes et, bien sûr, du défi que représente le fait d’essayer de s’inscrire dans la continuité du premier Joker tout en prenant une nouvelle direction pour le moins audacieuse. Bien entendu, l’ensemble a un côté promo assez indéniable, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, mais on trouvera des éléments techniques intéressants et un bon nombre de séquences volées sur le plateau. On continuera ensuite avec une featurette consacrée à la musique du film (8 minutes) : Lady Gaga et d’autres membres de l’équipe reviendront sur les nombreuses séquences de comédie musicale de Joker : Folie à deux, le tout étant accompagné d’aperçus des répétitions sur le plateau et de l’enregistrement de la musique en direct. On abordera ensuite davantage les aspects visuels du film, avec un focus sur les décors et le Production Design (7 minutes), qui sera suivi d’un sujet dédié à l’utilisation débridée de la couleur dans le film (6 minutes), avec notamment des interventions de Todd Phillips et de son directeur photo Lawrence Sher. Enfin, on terminera avec une featurette sur la première séquence du film, à savoir le dessin animé (5 minutes). Le français Sylvain Chomet y reviendra sur son amour pour le style visuel des années 40, sur le style classique des Looney Tunes ainsi que sur l’importance du travail à la main. On notera par ailleurs que le Blu-ray 4K Ultra HD de Joker : Folie à deux édité par Warner Bros. est présenté dans un superbe SteelBook aux couleurs du film.

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