De retour en salles au mois d’avril 2025

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Star Wars Épisode III La Revanche des Sith © 2005 Lucasfilm Ltd. / 20th Century Fox / The Walt Disney Company France
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Hélas, le programme mensuel des reprises de films en salle n’est une fois de plus pas assez fourni en ce mois d’avril 2025, pour nous enthousiasmer outre mesure. Certes, il y a une rétrospective d’envergure en dix films et quasiment autant de sorties isolées, disséminées au fil des cinq mercredis du mois. Mais dans l’ensemble, cet échantillon cinématographique serait insuffisant pour vous permettre d’avoir un aperçu aussi global que varié de l’Histoire du Septième art. Il n’empêche qu’on y retrouve quand même quelques cinéastes de renom, tels que Alfred Hitchcock, Darren Aronofsky, Satoshi Kon et Chris Marker.

Sinon, le point le plus singulier de cette vingtaine de titres de films anciens, c’est que vous pourriez en (re)découvrir un nombre conséquent pas exclusivement dans votre salle de répertoire la plus proche, mais aussi dans des établissement plus commerciaux. En effet, plusieurs de ces films avaient fait leurs preuves à l’ère des multiplexes. Ce qui nous laisse supposer que les programmateurs tant soit peu aventureux des grands circuits n’hésiteront pas trop à mettre à l’affiche les premières aventures de Brice de Nice ou bien des épopées d’Astérix ou de Star Wars.

Cette tendance se reflète du côté des distributeurs, puisqu’on y trouve en compagnie des valeurs sûres de ce secteur plus si marginal du marché – Carlotta Films, Les Acacias et Tamasa Distribution – des structures plus généralistes, comme SND et la filiale française des studios Disney.

Numéro 17 © 1932 British International Pictures / Studiocanal / Carlotta Films Tous droits réservés

Le morceau de résistance, qui vous tiendra sans doute occupé tout au long du mois, est dès ce jour une rétrospective en dix films, dont trois fraîchement restaurés, de la période anglaise de Alfred Hitchcock (1899-1980) chez Carlotta. Ce laps de temps, entre Le Masque de cuir en 1927 et Numéro 17 en 1932, avait coïncidé avec le passage du cinéma muet au cinéma parlant dans l’immense majorité des pays disposant déjà à cette époque-là d’une industrie de cinéma d’envergure. De quoi faire un voyage dans le temps, tout en découvrant comment le futur maître du suspense avait exercé, petit à petit, son talent de réalisateur, alors que bon nombre de ses pairs avaient échoué à faire la transition entre ces deux modes guère complémentaires de raconter une histoire sur grand écran.

Toutefois, pour les amateurs des chefs-d’œuvre finement orchestrés qu’Alfred Hitchcock allait mettre en chantier à Hollywood dans les décennies suivantes – de Rebecca en 1940 jusqu’à Psychose vingt ans plus tard, pour faire simple –, la découverte de ses premiers essais ne peut relever que de l’anecdotique. Aucun de ces dix films n’a pu marquer l’Histoire du cinéma comme le feraient plus tard L’Ombre d’un doute, Fenêtre sur cour, Sueurs froides et La Mort aux trousses. Néanmoins, l’occasion privilégiée de pouvoir survoler cette période d’apprentissage du jeune réalisateur à partir de son cinquième long-métrage devrait nous permettre d’évaluer avec un degré d’admiration encore accru le chemin parcouru, depuis ses premiers exercices et autres films de commande jusqu’à l’apogée de son illustre carrière !

Brice de Nice © 2005 Thibault Grabherr / Mandarin Films / M6 Films / TF1 Droits Audiovisuels / SND Tous droits réservés

Nul besoin d’être un cinéphile averti pour avoir entendu parler de la plupart des ressorties relativement grosses qui rythmeront plus que d’habitude ce mois d’avril. Probablement à cause de la période des vacances de Pâques, pourtant pas si propice aux envolées du box-office, pas moins de quatre succès populaires et autres films cultes célébreront leur retour sur grand écran.

A commencer dès aujourd’hui par Astérix et les vikings de Stefan Fjeldmark et Jesper Møller chez SND. Cette adaptation sous forme de film d’animation espère faire aussi bien que ses deux compères des années 2010, Astérix Le Domaine des dieux et Astérix Le Secret de la potion magique, tous deux de Louis Clichy et Alexandre Astier et tous deux ressortis en février 2024 pour … les vacances d’hiver. Même raisonnement mercantile et même distributeur une semaine plus tard avec Brice de Nice de James Huth, soi-disant pour fêter comme il se doit le vingtième anniversaire des frasques de Jean Dujardin dans l’un de ses rôles les plus emblématiques.

Côté américain, on avait autant détesté le dernier volet de la deuxième trilogie Star Wars – Star Wars Épisode III La Revanche des Sith de George Lucas qui bénéficiera d’une sortie événementielle le vendredi 25 avril, là aussi pour célébrer le même anniversaire rond – qu’on avait adoré Requiem for a Dream de Darren Aronofsky qui ressortira la semaine prochaine chez Les Acacias. Puisque c’est aussi à cela que servent les reprises en salles, on espère confirmer au moins notre avis hautement favorable de la descente aux enfers de Jared Leto et sa bande composée de Jennifer Connelly et Marlon Wayans, avec la mère sublimement détraquée interprétée par Ellen Burstyn en arrière-plan.

A moins que la mise en scène survoltée de Aronofsky, à qui la Cinémathèque Française dédie par ailleurs une rétrospective en sa présence à partir d’aujourd’hui, ait mal vieilli pendant le quart de siècle depuis sa sortie …

L’Histoire du soldat © 1984 Kino Lorber / Malavida Films Tous droits réservés

Enfin, la trousse des découvertes est abondamment fournie en ce mois d’avril. Et tant mieux, puisque l’on commençait à être frustré face à tant de choix consensuels ou intéressants avant tout d’un point de vue historique ! La pépite la plus rare et la plus curieuse sortira dès mercredi prochain, le 9 avril, chez Malavida, un distributeur qui nous a habitués à de petits trésors jusque là inconnus au bataillon. L’Histoire du soldat de R.O. Blechman est une réinterprétation du mythe faustien sous forme de moyen-métrage d’animation et sur la musique d’Igor Stravinsky. Et peu importe que vous choisissiez la version originale ou la version française pour le découvrir, vous seriez en excellente compagnie vocale, avec Max von Sydow et Dusan Makavejev en anglais ou bien Serge Gainsbourg et Henri Salvador en français.

Animation toujours une semaine plus tard grâce à Park Circus France, qui ressort le visuellement enivrant Paprika, présenté en compétition au Festival de Venise en 2006 et le dernier film du réalisateur Satoshi Kon, décédé en août 2010.

Puis, on parle pas mal espagnol et français les trois derniers mercredis du mois avec d’abord, le 16 avril chez Eurozoom, Les Neuf reines de Fabian Bielinsky, un réalisateur prometteur qui avait, lui aussi, disparu prématurément, mais dont le film avait su participer à la découverte du cinéma latino-américain en général et argentin en particulier au début du siècle. Une semaine plus tard, Tamasa Distribution nous réjouit avec un film espagnol de 1984 qui sent bon le terroir basque Tasio de Montxo Armendariz.

Et le 30 avril, on sera pratiquement arrivé au mois de mai. Par conséquent, Potemkine Films a jugé bon de ressortir une énième fois le documentaire fleuve de Chris Marker et Pierre Lhomme Le Joli mai avec la voix de Yves Montand en guise de narrateur pour cette chronique de la France en pleine guerre d’Algérie.

Le Joli mai © 1963 La Sofra / Potemkine Films Tous droits réservés

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