Critique Express : Lads

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Lads

France, Belgique : 2024
Titre original : –
Réalisation : Julien Menanteau
Scénario : Julien Menanteau, Nour Ben Salem
Interprètes : Marco Luraschi, Jeanne Balibar, Marc Barbé
Distribution : ARP Sélection
Durée : 1h31
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 2 avril 2025

2/5

Synopsis : Ethan, 17 ans, devient apprenti-jockey dans une écurie d’obstacles, l’épreuve la plus violente du galop. Au contact des purs-sangs, il découvre le monde des courses, des paris et de l’argent. Sa passion grandit, sa frustration aussi. Courir pour gagner, mais toujours au service des autres. Bientôt il devra choisir : transgresser les règles ou sauver sa peau.

 

Sans doute avez vous remarqué que lorsqu’un film parle de votre métier ou d’un milieu que vous connaissez bien, vous arrivez toujours à trouver des points plus ou moins importants que vous trouvez en décalage par rapport à vos certitudes concernant ce métier ou ce milieu. Qu’en est-il lorsqu’un film parle d’un métier ou d’un milieu que vous connaissez mal, voire pas du tout ? Avez vous tendance à prendre pour argent comptant ce qu’on va vous montrer ou bien êtes vous pris par le doute à de nombreuses reprises ? Une question qui va se poser pour de nombreux spectateurs à la vision de Lads. Certes, le nombre de personnes intéressées par le milieu des courses de chevaux est loin d’être négligeable mais celles et ceux qui n’y connaissent rien est à coup sûr encore plus important. Pour commencer, savez vous ce qu’est un lad, ce métier qui donne son titre au film Lads ? Ce mot aux origines britanniques désigne un employé ou une employée d’écurie chargé(e) de garder et de soigner des chevaux de course et qui est susceptible de les monter à l’exercice. Le plus souvent, le rêve des lads est de devenir jockey. Selon certaines sources, ce rêve se réalise pour 5 pour 100 des lads. D’après le film, cela n’arrive que pour un lad sur 100. Lads nous raconte l’histoire de Ethan, dont le père tient un garage tout en étant accro aux paris sur les courses de chevaux, une passion qui n’est pas sans risque, surtout quand on doit de l’argent à des gens plutôt violents. Ethan, qui rêve d’une ascension sociale qu’il espère trouver en devenant un jockey grassement payé, arrive, malgré le bracelet électronique qu’il porte pour avoir été condamné pour un vol de voiture,  à se faire engager comme apprenti-jockey dans l’écurie de Suzanne Vidal, une écurie qui a eu des ennuis financiers et qui, ayant été renflouée par les quataris, reverse à ceux-ci 75% de ses gains. Dans l’écurie de Suzanne Vidal, Ethan va se retrouver sous la coupe de Hans, l’instructeur des apprentis jockey,  va créer des liens avec un poulain qu’il a accouché et d’autres avec Lucas, un autre apprenti-jockey qui l’aide pour diverses tâches tout en s’inquiétant qu’Ethan puisse devenir un concurrent sérieux dans son rêve de devenir jockey.

Né dans une famille de cavaliers sans en être un lui-même,  Julien Menanteau a choisi le milieu des courses de chevaux pour la réalisation de son premier long métrage de cinéma. Son film s’avère très documenté sur ce milieu si particulier, avec ses magouilles : paris truqués, dopage ou autres. Très bien documenté également sur ce que sont le travail d’un palefrenier et celui d’un jockey. La distribution est de qualité avec la découverte de Marco Luraschi, l’interprète de Ethan, un jeune comédien très prometteur, avec Jeanne Balibar, impeccable dans le rôle d’une bourgeoise patronne d’une écurie de course, avec Marc Barbé, tout à fait crédible dans le rôle de Hans. Toutefois, ces qualités indéniables ne suffisent pas à faire de Lads un film que l’on peut recommander sans aucune réserve. En effet, un certain nombre de scories arrivent malheureusement à rendre son appréciation beaucoup moins favorable. On citera en priorité une réalisation sans grand relief, avec un rythme trop indolent et des courses de chevaux filmées de façon trop conventionnelle. On peut aussi regretter la présence d’intrigues secondaires, telles les grosses difficultés rencontrées par le père d’Ethan du fait de son addiction aux paris sur les courses de chevaux ou l’idylle qui semble naitre entre Ethan et Zoé, une lad qui travaille avec lui, des intrigues secondaires qui n’enrichissent en rien le film : pour apporter quelque chose au film, il aurait fallu qu’elles soient davantage développées. Ici, elles ne font que l’alourdir inutilement.

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